C'est rare que je parle d'un sujet qui ne traite pas de création ou de décoration mais cet article me tient vraiment à coeur. Et puis, j'ai très envie de vous faire partager mon expérience et peut-être des mamans qui ne savent pas encore où accoucher le sauront après m'avoir lue...

Pourquoi j'ai choisi de changer de maternité et d'accoucher à la maternité de l'Hopital Charles Nicolle ?
Pour ma seconde grossesse, j'ai voulu être suivie au CHU de Rouen.
Lors de mon premier accouchement, j'ai du subir une cérarienne en urgence. A ce moment précis, j'ai pris conscience que lorsque l'on met un enfant au monde, on met aussi sa vie et celle du bébé entre les mains de l'équipe médicale. Je voulais pour cette seconde grossesse être entourée par une équipe hautement qualifiée, accoucher dans une structure possédant les équipements les plus performants.
De plus, je dois avouer que j'avais très mal vécu ma première césarienne. L'opération en elle-même et les suites opératoires aussi: la douleur étant pour moi le plus dur à vivre. Cet accouchement, comme un petit traumatisme, est resté inscrit en moi. Deux choses peuvent l'expliquer: mon rapport à la médecine et à la chirurgie mais aussi une absence de prise en charge de ma détresse, à ce moment là laissant le traumatisme s'installer...
Je savais en allant à l'Hopital Charles Nicolle que je serai entourée d'une équipe médicale hautement qualifiée, très réactive lorsqu'elle rencontre un problème, à l'écoute des mamans... Je ne voulais pas revivre mon premier accouchement.

Rêve ou réalité ? Avais-je raison de vouloir changer ?
Ma réponse est un énorme OUI.
Tout d'abord, l'équipe entière s'est montrée prête à intervenir très rapidement au moindre problème affectant mon bébé. J'étais complètement confiante, mon bébé ne souffrirait pas, rien ne pourrait lui arriver...
Je rêvais d'accoucher par voie basse et la sage femme qui m'a suivie tout au long de mon accouchement a mis tout en oeuvre pour réaliser mon rêve. Elle s'appelle Sophie, comme la girafe sur son badge. Dans l'après-midi, ma petite fée était mal positionnée. Mon rêve s'éloignait... Elle a demandé des conseils et de l'aide à toute l'équipe jusqu'au Professeur Marpeau qui dirige la Maternité.
Ce grand Professeur, je l'avais imaginé aussi insaisissable que le vent, invisible... Mais non, c'est bien lui qui a aidé ma sage femme, lui encore qui est venu discuter avec moi de ma césarienne quelques jours après mon accouchement.
Vous l'aurez compris, mon second accouchement a donné lieu à une césarienne. Je ne vous cacherai pas que j'ai pleuré comme un bébé à cette idée. J'ai complètement paniqué. Le Docteur Oden a été formidable en acceptant de faire une entorse à leur protocole. Il a accepté que mon mari vienne avec moi dans le bloc. Ainsi, mon Prince a pu me parler, me masser le visage, me donner la main. Cela n'a pas de prix...
Je tiens à remercier mon infirmier anesthésiste qui a été un véritable coach. Ses encouragements, ses félicitations soufflées à mon oreille m'ont tellement aidée. Un instant, j'ai même cru malgré les larmes, la panique que j'étais cette femme extraordinaire dont il parlait...
Et puis merci à Sophie pour avoir posé Violette sur moi et vivre ainsi les premiers moments avec mon bébé comme je l'aurais fait si j'avais accouché par voie basse.
Un grand merci à toute l'équipe. Ma petite fée est venue au monde, en bonne santé, grâce à elle.

Pour finir, en ce qui concerne les suites opératoires, j'ai été très bien prise en charge.
Caroline, à la fois ferme, patiente et très douce, m'a aidée à appréhender la douleur autrement.
Je la remercie tout particulièrement.
J'ai trouvé que les équipes étaient très à l'écoute des mamans. D'une manière générale, j'ai beaucoup discuté avec certaines personnes. Et j'en avais vraiment besoin.
Des petites choses montrent tout l'intérêt porté à la maman. Par exemple, il nous était possible de laisser notre bébé à la crèche pour la nuit ou quelques heures si nous étions épuisées.
De même, le jour où j'ai du me lever pour la première fois, j'ai éclaté en sanglots en pensant à la douleur que j'allais ressentir. Quelques minutes plus tard, une jeune psychiatre, le Docteur Rousseau, me rendait visite pour parler avec moi. Je pouvais compter sur son soutien en cas de problème, comme sur celui du Docteur Fanchette, spécialisée en acupuncture. Si je l'avais appelée, elle serait venue, en volant, apportant avec elle sa joie tellement communicative...
Voilà ! Je voulais deux enfants. Je suis une maman plus que comblée. Et si l'envie d'avoir un troisième enfant me prenait dans quelques temps, je sais quelle maternité je choisirais les yeux fermés...